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Devis de film au format CNC : à quoi il sert et comment l'établir

Le devis est la première pièce que lisent le CNC, les régions, les chaînes et les coproducteurs. Ce guide en donne la structure officielle et la méthode pour le chiffrer poste par poste, jusqu'au plan de financement.

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Le devis d'un film au format CNC est le chiffrage prévisionnel complet de l'œuvre, présenté selon la nomenclature du Centre national du cinéma et de l'image animée : neuf chapitres numérotés, des droits artistiques aux assurances, puis les frais généraux et les imprévus. Le producteur délégué le dépose, daté et signé, avec le plan de financement, dans chaque demande d'agrément ou d'aide. Il se construit poste par poste, à partir du scénario dépouillé et du plan de travail.

À quoi sert le devis d'un film ?

Le devis dit combien coûte le film, et aussi où l'argent sera dépensé : c'est souvent ce second point qui décide d'une aide.

  • Au CNC. L'agrément des investissements se demande avant le tournage dès que le film fait appel à l'avance sur recettes, au crédit d'impôt, à une SOFICA, à une chaîne en clair autre qu'Arte France Cinéma, ou à un accord international de coproduction. Le dossier réunit le devis estimatif et le plan de financement sur le modèle Excel du CNC.
  • Aux régions. Une aide régionale porte en général sur les dépenses faites sur son territoire, comme l'aide après réalisation de la Région Île-de-France. Le devis doit pouvoir isoler ces dépenses.
  • Aux chaînes. Une chaîne qui préachète ou coproduit fixe son apport au vu du devis.
  • Aux coproducteurs. Leurs apports se rapportent au coût annoncé, et le producteur délégué leur rend compte de son exécution.

Devis, budget, coût définitif : quelle différence ?

  • Le devis est le chiffrage prévisionnel, établi avant le tournage, qui passe par des versions successives.
  • Le budget désigne souvent ce même devis dans le langage courant, et le CNC parle lui-même de « budget de production ». Dans la gestion d'une société, le mot désigne plutôt une enveloppe : ce que la société prévoit de dépenser sur l'exercice, tous films confondus. L'anglais « budget » traduit notre devis, d'où la confusion.
  • Le coût définitif est ce que le film a réellement coûté, arrêté après la fabrication dans la même nomenclature. Pour un film d'initiative française, il est certifié par un commissaire aux comptes et joint à la demande d'agrément de production, dans les huit mois qui suivent le visa d'exploitation.

Entre les deux, la production tient sa situation (le cost report anglo-saxon) : pour chaque poste, le devis, le réalisé, l'engagé et le coût probable, somme du réalisé, de l'engagé et du reste à engager. L'écart peut être large : dans son étude des coûts de production, le CNC rappelle que les devis déposés avant tournage « peuvent en effet subir des évolutions non négligeables ».

Quelle est la structure du devis CNC ?

Le modèle du CNC range les dépenses en neuf chapitres, divisés en sous-chapitres numérotés de 11 à 94. Le devis détaillé de la production descend jusqu'au poste et au sous-poste ; la fiche déposée n'en reprend que les totaux.

Chapitre Intitulé Ce qu'on y trouve
1 Droits artistiques sujet, adaptation et dialogues, droits du réalisateur, droits musicaux
2 Personnel producteurs, réalisateur, équipes de tournage et de décoration, montage, effets visuels
3 Équipe artistique rôles principaux et secondaires, petits rôles, cascadeurs, acteurs de complément, musiciens
4 Charges sociales et fiscales charges sociales par catégorie de personnes, impôts et taxes du film
5 Décors, costumes, maquillage, coiffure studio, décors naturels, aménagements, meubles et accessoires, animaux, véhicules, effets spéciaux, costumes
6 Transports, défraiements, régie transports et séjours, repas, hébergement, bureau, régie
7 Moyens techniques caméra, matériels additionnels, machinerie, éclairage, son, supports
8 Postproduction image et son montage et sonorisation, laboratoire, effets visuels numériques, génériques, éléments de livraison, sous-titrage, conservation
9 Assurances et divers assurances, publicité et promotion, frais juridiques et certification des comptes, frais financiers

Sous le total partiel des neuf chapitres viennent deux lignes à part, les frais généraux (ligne 95) et les imprévus, qui mènent au total hors TVA. Chaque ligne se répartit entre dépenses en France et dépenses à l'étranger, avec une colonne par pays hors de France.

Le CNC publie ce modèle pour la fiction, le documentaire et l'animation : un classeur Excel où le devis côtoie le plan de financement et d'autres fiches. Le modèle officiel est exigé, avec une version PDF. Pour une production audiovisuelle destinée à la télévision, les aides du fonds de soutien audiovisuel ont leurs propres pièces ; celles de la fiction se demandent sur CNC MesAides.

Comment établir le devis poste par poste ?

  1. Dépouillez le scénario. Relevez, séquence par séquence, ce que chaque scène demande (rôles, figuration, décors, costumes, véhicules, effets) : chaque élément deviendra une ligne. Voir le guide du dépouillement.
  2. Arrêtez un premier plan de travail. Les jours de préparation et de tournage, en studio ou en décors naturels, fixent la quantité de la plupart des postes. Voir comment faire un plan de travail.
  3. Chiffrez chaque poste en tarif × quantité × nombre. Un chef opérateur se compte en tarif journalier multiplié par ses jours, une location de caméra en semaines. Les salaires partent des grilles de la convention collective applicable.
  4. Placez les charges sociales au chapitre 4. La rémunération reste à son chapitre, la charge va au chapitre 4.
  5. Ventilez les dépenses par lieu : France ou étranger, pays par pays, et région par région si une collectivité intervient.
  6. Ajoutez les frais généraux et les imprévus sous le total partiel, au taux que le guichet admet. Un financeur peut calculer ses seuils hors de ces deux lignes : les garder à part vous évite de refaire le devis.
  7. Datez et signez la version, puis classez-la avec le dossier auquel elle a servi.

Quels sont les pièges courants ?

  • Compter deux fois les charges sociales. Un salaire saisi déjà chargé, puis chargé de nouveau au chapitre 4, gonfle le devis en silence.
  • Oublier une moitié du réalisateur. Il figure en droits d'auteur au chapitre 1 (sous-chapitre 13) et en salaire au chapitre 2 (sous-chapitre 22). De même pour la musique : les droits au chapitre 1, les musiciens au chapitre 3.
  • Disperser les imprévus. Une marge glissée dans chaque poste ne se voit plus et s'ajoute à la ligne des imprévus.
  • Sous-estimer la fin du parcours. Selon la date de sa demande d'agrément des investissements, un film d'initiative française doit justifier, à l'agrément de production, de la conservation de l'œuvre, du sous-titrage pour sourds et malentendants, de l'audiodescription et d'un bilan carbone définitif. Prévoyez ces travaux dès le premier devis.
  • Perdre la trace des versions. La région, la chaîne et le coproducteur n'ont pas toujours reçu le même devis : gardez la version déposée dans chaque dossier.
  • Confondre devis et trésorerie. Le devis ne donne aucune date de dépense : seul un plan de trésorerie mois par mois montre si la société tient jusqu'au versement des aides.

Comment le devis se relie-t-il au plan de financement ?

Le plan de financement est l'autre moitié du dossier : son total doit couvrir celui du devis. Le modèle du CNC le range par origine des fonds :

  • les apports du producteur délégué : numéraire, soutien financier investi, rémunération du producteur et frais généraux laissés en participation ;
  • les autres coproducteurs, dont les chaînes ;
  • les aides sélectives, comme l'avance sur recettes, et les aides des collectivités ;
  • les SOFICA, les préventes et les minima garantis ;
  • la part étrangère, coproducteur par coproducteur.

Chaque ligne y est marquée acquise ou en cours. Des frais généraux laissés en participation figurent donc des deux côtés : en dépense au devis, en apport au plan.

Les aides publiques ont un plafond. Selon la page du CNC sur le crédit d'impôt cinéma, les crédits d'impôt ne peuvent porter le total des aides publiques au-delà de 50 % du budget de production, ou de 60 % pour le premier ou le deuxième film d'un réalisateur et pour un film d'au plus 1,25 million d'euros. Si le devis baisse, la part des aides monte et le plafond peut être atteint : chaque version du devis se relit avec le plan de financement.

Le devis et le plan de financement dans Bijout'N'Go

Dans le devis de Bijout'N'Go, vous chiffrez le film une seule fois, poste par poste : chaque ligne se compose de parts (tarif × quantité × nombre) et se classe dans le référentiel CNC. Le devis se présente ensuite par chapitre CNC, par phase, par département ou par décor, au même total. Vous partez d'un devis vierge, d'un format du marché comme le CNC long métrage, ou de votre devis importé depuis Excel, ODS, CSV ou PDF.

Les imprévus, les frais généraux et la marge se règlent pour tout le projet. Le devis garde une copie chaque soir où il change ; une fois validé, un montant qui bouge au-delà du seuil demande un motif, inscrit au journal du poste. Il s'exporte en CSV. Le plan de travail, d'où viennent les jours à chiffrer, se compose dans le même projet.

Les financements suivent chaque dossier de la piste au versement et montrent la part du devis financée. Avec Entreprise 360, la prévision de trésorerie tient compte des devis de vos films. Les conditions d'accès sont sur la page des tarifs.

Questions fréquentes

Vos questions.

Où trouver le modèle de devis du CNC ?

Le CNC publie ses modèles sous forme de classeurs Excel sur la page de l'agrément des investissements, en trois versions : fiction, documentaire et animation. Le devis y est une fiche parmi d'autres, à côté du plan de financement et des fiches sur l'équipe et les lieux de tournage. Le CNC exige ce modèle officiel, accompagné d'une version PDF de l'ensemble des fiches.

Combien de chapitres compte un devis CNC ?

Le devis d'un long métrage au format CNC compte neuf chapitres : droits artistiques, personnel, équipe artistique, charges sociales et fiscales, décors et costumes, transports et régie, moyens techniques, postproduction, assurances et divers. Les frais généraux et les imprévus s'ajoutent sur deux lignes à part, sous le total partiel des neuf chapitres. Le total du devis s'entend hors TVA.

Quelle différence entre le devis et le coût définitif d'un film ?

Le devis est le chiffrage prévisionnel du film, déposé avant le tournage pour l'agrément des investissements et les demandes d'aide. Le coût définitif est ce que le film a réellement coûté, présenté dans la même nomenclature et, pour un film d'initiative française, certifié par un commissaire aux comptes. Il accompagne la demande d'agrément de production, à déposer dans les huit mois qui suivent le visa d'exploitation.

Quel taux prévoir pour les frais généraux et les imprévus d'un devis CNC ?

Le modèle de devis du CNC leur réserve deux lignes distinctes sous le total partiel des neuf chapitres, sans y inscrire de taux. Le taux admis dépend du guichet : chaque financeur fixe ses propres règles, à lire dans son règlement. Chiffrez-les à un seul endroit pour ne pas les compter deux fois.

Faut-il un devis CNC pour un film sans aide publique ?

L'agrément des investissements n'est obligatoire, avant le tournage, que si le film fait appel à l'avance sur recettes, au crédit d'impôt, à une SOFICA, à une chaîne en clair autre qu'Arte France Cinéma ou à un accord international de coproduction. Sans ces financements, seul l'agrément de production reste à demander après le visa, avec le coût définitif, si le film doit générer du soutien automatique. Un devis détaillé reste indispensable pour piloter la production et convaincre les autres financeurs.

Quelle part du devis d'un film les aides publiques peuvent-elles financer ?

Selon le CNC, les crédits d'impôt ne peuvent pas porter le total des aides publiques au-delà de 50 % du budget de production d'un film de cinéma. Ce seuil passe à 60 % pour un premier ou un deuxième film du réalisateur et pour un film dont le budget ne dépasse pas 1,25 million d'euros. Les aides automatiques investies, les avances sur recettes et les aides régionales entrent dans ce calcul.

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