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Lexique du tournage : les mots du plateau et de la production

Les mots qu'on entend sur un tournage et au bureau de production, rangés par thème, avec pour chacun une définition courte : de la préparation au plateau, des équipes au financement du film.

Publié le

Le lexique du tournage rassemble les mots qu'emploient chaque jour les équipes d'un film, d'une série ou d'une publicité, sur le plateau comme au bureau de production. Ce glossaire de la production audiovisuelle s'adresse aux débutants, aux stagiaires, aux comédiens et à toute personne qui travaille avec une équipe de tournage. Chaque terme y est défini en une ou deux phrases, dans l'ordre où on le rencontre.

La préparation du film

La préparation, que les équipes appellent « la prépa », couvre les semaines qui précèdent le premier jour de tournage.

Séquence

Unité du scénario qui se déroule dans un même lieu et un même temps. Chaque séquence porte un numéro, la mention intérieur ou extérieur et son effet : jour, nuit, aube.

Dépouillement

Lecture du scénario séquence par séquence pour relever ce que chacune demande au tournage : rôles, figuration, décors, accessoires, véhicules, effets. Le premier assistant réalisateur s'en sert pour bâtir le plan de travail.

Plan de travail

Document qui répartit les séquences sur les journées de tournage, en regroupant celles qui partagent un décor ou des comédiens. Établi par le premier assistant réalisateur, il sert de base aux feuilles de service.

Repérage

Recherche et visite des lieux où le film pourrait se tourner. Le repérage technique réunit ensuite les chefs de poste sur le décor retenu.

Découpage technique

Le scénario traduit en plans : pour chaque séquence, les plans à tourner avec leur valeur, leur angle, leur mouvement de caméra et leur durée. Le réalisateur l'établit, souvent avec le chef opérateur.

Storyboard

Suite de dessins qui montre les plans prévus, case par case, comme une bande dessinée du film. On dit aussi « scénarimage ».

Plan au sol

Schéma du décor vu de dessus qui place les comédiens, les caméras, la lumière et le son pour une séquence.

Préminutage

Estimation de la durée du film à l'écran, faite par la scripte à partir du scénario. Il signale dès la préparation un film trop long ou trop court.

Devis

Estimation chiffrée du coût du film, poste par poste, établie par le directeur de production. Dans le métier, on parle du devis d'un film plutôt que de son budget.

Pour aller plus loin : dépouiller un scénario et faire le plan de travail d'un tournage.

Sur le plateau

Le plateau désigne à la fois le lieu où l'on tourne et l'équipe qui y travaille.

Feuille de service

Document d'une journée de tournage, préparé la veille par la mise en scène et la régie à partir du plan de travail. Il donne les décors et leurs adresses, les séquences, les comédiens, les horaires de chacun et les informations pratiques.

Convocation

Heure et lieu où une personne est attendue sur le tournage, fixés selon son poste et le déroulé de la journée. Les convocations figurent sur la feuille de service.

PAT

Abréviation de « prêt à tourner » : l'heure à laquelle le plateau doit être prêt pour le premier plan de la journée. Il tombe après les convocations, une fois l'installation, le maquillage et les costumes terminés.

Installation

Mise en place de la caméra, de la lumière et du son pour un axe du décor. Changer d'installation prend du temps : on tourne d'affilée les plans pris du même axe.

Moteur, action, coupez

Les mots qui encadrent une prise : « Moteur » lance l'enregistrement, « Action » donne le départ du jeu, « Coupez » arrête la prise.

Clap

Ardoise filmée au début de la prise, qui porte le titre et les numéros de séquence, de plan et de prise. Son claquement sert à synchroniser l'image et le son au montage.

Prise

Chaque enregistrement d'un plan, de « Moteur » à « Coupez ». La scripte note les prises que le réalisateur retient.

Plan

Portion de film enregistrée sans interruption, entre la mise en route et l'arrêt de la caméra. Au montage, c'est le morceau d'image compris entre deux coupes.

Champ et contrechamp

Le champ est l'espace que cadre la caméra. Le contrechamp est le plan pris dans l'axe opposé, typiquement pour filmer tour à tour les deux personnages d'un dialogue.

Hors-champ

Ce qui existe dans l'histoire en dehors du cadre, et que le spectateur devine par un son, une voix ou un regard.

Raccord

Continuité entre deux plans qui se suivent au montage : accessoires, costumes, coiffure, gestes, regards, lumière. Un faux raccord est une rupture visible de cette continuité.

Rushes

Images et sons enregistrés au tournage, avant tout montage. On écrit aussi « rushs » ; en anglais, « dailies » désigne les rushes du jour.

Rapport de la scripte

Compte rendu de chaque journée rédigé par la scripte : plans et prises tournés, prises retenues, durées, remarques de raccord. Il va à la production et au montage.

Pour aller plus loin : la feuille de service d'un tournage.

Les valeurs de plan

La valeur d'un plan exprime la taille du sujet dans le cadre, du plus large au plus serré.

Plan général et plan d'ensemble

Le plan général montre tout le décor et situe l'action dans son lieu. Le plan d'ensemble, un peu plus serré, laisse distinguer les personnages et ce qu'ils font.

Plan moyen

Plan qui cadre un ou plusieurs personnages en pied, dans leur environnement.

Plan américain

Plan qui coupe les personnages à mi-cuisses. Il permet de filmer une conversation à plusieurs sans déplacer la caméra.

Plan rapproché

Plan qui cadre un personnage à la taille (plan rapproché taille) ou à la poitrine (plan rapproché poitrine), au plus près du visage et de l'émotion.

Gros plan et très gros plan

Le gros plan cadre un visage, ou un objet, pour en faire lire l'émotion ou l'importance. Le très gros plan isole un détail : les yeux, la bouche, une main.

Insert

Plan court inséré dans une séquence, souvent sur un objet ou un détail. Les manuels le classent parmi les notions de montage, hors de l'échelle des plans, même si l'usage le confond avec le gros plan.

Les équipes du tournage

Une équipe de tournage se répartit en départements, chacun mené par un chef de poste.

Producteur délégué

Producteur qui prend l'initiative du film et en porte la responsabilité financière, technique et artistique. Sa société demande l'agrément du CNC.

Directeur de production

Représentant du producteur sur le film : il établit le devis, engage l'équipe, négocie les contrats et veille au respect du devis et du plan de travail.

Premier assistant réalisateur

Bras droit du réalisateur pour l'organisation : il dépouille le scénario, établit le plan de travail et les feuilles de service, puis mène le plateau pour tenir l'horaire.

Régisseur général

Responsable de la logistique du tournage, sous l'autorité du directeur de production : autorisations, accès aux décors, transports, repas et hébergement de l'équipe.

Scripte

Membre de l'équipe de mise en scène chargé de la continuité du film : la scripte veille aux raccords, note chaque prise et rédige les rapports pour la production et le montage.

Chef opérateur

Aussi appelé directeur de la photographie, il conçoit l'image du film avec le réalisateur et dirige les équipes de la caméra, de l'électricité et de la machinerie.

Premier assistant opérateur

Responsable de la caméra et de ses optiques, il fait la mise au point pendant les prises, d'où son surnom de « pointeur ».

Chef électricien

Il installe et règle les projecteurs selon la lumière voulue par le chef opérateur. On l'appelle aussi « chef électro », ou « gaffer » en anglais.

Chef opérateur du son

Il enregistre le son direct du plateau. Le perchman l'assiste en tenant le micro au bout de sa perche, près des comédiens et hors du cadre.

HMC

Sigle d'habillage, maquillage et coiffure : les départements qui préparent l'apparence des comédiens, et par extension leurs loges sur le tournage.

Silhouette et figuration

Un figurant apparaît à l'image sans rôle défini, dans un groupe ou une foule. Une silhouette est un figurant individualisé, et une silhouette parlante dit quelques mots.

La production et l'argent du film

Au bureau de production, le vocabulaire porte sur le coût du film et sur son financement.

Devis CNC

Devis présenté selon le modèle du Centre national du cinéma et de l'image animée, que demandent le CNC et la plupart des financeurs. Ses chapitres numérotés vont des droits artistiques et du personnel jusqu'aux frais généraux.

Situation

Équivalent français du cost report : l'état du devis à une date donnée, poste par poste, entre réalisé, engagé et reste à engager. Elle donne le coût probable du film.

Plan de financement

Tableau qui met en face du devis les ressources du film : apport du producteur, préachats, coproductions, aides publiques, crédit d'impôt, minimums garantis des distributeurs. Leur total doit couvrir le devis.

Préachat

Achat des droits de diffusion d'un film par une chaîne de télévision ou une plateforme avant son tournage, qui entre dans son financement.

Agrément du CNC

Décision du CNC qui ouvre à un film le soutien financier public. L'agrément des investissements intervient en amont, et l'agrément de production, obligatoire, est délivré une fois le film achevé.

Crédit d'impôt

Avantage fiscal qui rembourse à la société de production une partie des dépenses du film engagées en France, après agrément du CNC.

Pour aller plus loin : le devis d'un film au format CNC.

L'emploi et l'intermittence

Les règles de l'assurance chômage changent avec le temps : seul France Travail fait foi pour un dossier donné, sur francetravail.fr.

CDDU

Contrat à durée déterminée d'usage, permis dans les secteurs où il est d'usage de ne pas recourir au CDI, dont le cinéma et l'audiovisuel. C'est le contrat habituel d'un tournage.

Convention collective

Texte qui fixe les règles de travail d'une branche, dont les salaires minimums. Un film de cinéma relève en général de la production cinématographique (IDCC 3097), une œuvre pour la télévision de la production audiovisuelle (IDCC 2642).

Intermittent du spectacle

Artiste, ouvrier ou technicien du spectacle employé par contrats courts successifs. S'il remplit les conditions, il est indemnisé au titre de l'annexe 8 (ouvriers et techniciens) ou de l'annexe 10 (artistes).

507 heures

Seuil d'ouverture des droits des intermittents : au moins 507 heures de travail ou d'heures assimilées dans les douze mois qui précèdent la fin du contrat retenu, selon France Travail.

Cachet

Rémunération forfaitaire d'un artiste pour une représentation ou une journée de tournage. Pour les 507 heures de l'annexe 10, chaque cachet compte pour douze heures.

Date anniversaire

Terme des droits d'un intermittent, douze mois après la fin du contrat qui les a ouverts. Pour être réadmis à cette date, il faut de nouveau justifier de 507 heures sur les douze derniers mois.

Ces mots dans Bijout'N'Go

Bijout'N'Go, logiciel de gestion de production audiovisuelle et cinéma, reprend ce vocabulaire dans l'espace Projet. Le scénario importé se relit séquence par séquence, et chacune reçoit son dépouillement ; le découpage technique détaille chaque plan. Le plan de travail se compose journée par journée, puis chacun reçoit sa convocation et répond « J'y serai » ou « J'ai un problème ». Le devis se chiffre poste par poste et se présente par chapitre CNC. Dans MyBNG, l'Intermittence tient votre compteur d'heures et votre date anniversaire à partir de vos documents ; c'est une simulation, et seul France Travail fait foi.

Sources

Questions fréquentes

Vos questions.

Quelle différence entre feuille de service et plan de travail ?

Le plan de travail est établi pendant la préparation : il répartit toutes les séquences du film sur les journées de tournage. La feuille de service ne porte que sur une journée ; préparée la veille à partir du plan de travail, elle donne à l'équipe les décors, les séquences, les horaires de chacun et les informations pratiques du lendemain.

Que veut dire PAT sur un tournage ?

PAT signifie « prêt à tourner ». C'est l'heure à laquelle le plateau doit être prêt pour le premier plan de la journée, comédiens habillés et maquillés, caméra et lumière en place. Il figure sur la feuille de service, après les heures de convocation de l'équipe.

Qu'est-ce qu'un raccord au cinéma ?

Un raccord est la continuité entre deux plans qui doivent se suivre au montage : place des accessoires, costumes, coiffure, gestes, regards et lumière. Comme un film se tourne rarement dans l'ordre du scénario, la scripte note et photographie ces détails pour les retrouver d'une prise à l'autre. Un faux raccord est une erreur de continuité visible à l'écran.

Quelle différence entre un devis et une situation ?

Le devis est l'estimation du coût du film, établie avant le tournage, poste par poste. La situation, l'équivalent français du cost report, fait le point à une date donnée : pour chaque poste, ce qui est déjà réalisé, ce qui est engagé et ce qui reste à engager. Elle donne le coût probable du film et ses écarts avec le devis.

Combien d'heures faut-il pour être indemnisé comme intermittent du spectacle ?

Selon France Travail, il faut justifier d'au moins 507 heures de travail ou d'heures assimilées au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat retenu. Les droits sont ouverts pour douze mois, jusqu'à la date anniversaire, où le compte des 507 heures est refait. Ces règles évoluent, et seul France Travail fait foi pour un dossier donné.

Qu'est-ce que le dépouillement d'un scénario ?

Le dépouillement consiste à lire le scénario séquence par séquence et à relever tout ce que chacune demande au tournage : rôles, figuration, décors, accessoires, véhicules et effets. Le premier assistant réalisateur s'en sert pour bâtir le plan de travail, et le directeur de production pour établir le devis.

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